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LES ENTARTISTES

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Archives: Articles de Presse

Journal de Montréal 11 Mai 1999

Stéphane Dion ne méritait-il pas cet hommage?


Avec son tablier blanc et son béret de pâtissier, Dion l'entarté vient ainsi de déloger Duceppe et son bonnet au panthéon du ridicule.


Je vous ne le cache pas, j'ai éprouvé un profond plaisir et le sentiment que justice était enfin rendue en voyant, samedi, à la une des quotidiens, cette image particulièrement éloquente de Dion dégoulinant de crème.

L'action tout à fait inoffensive et sans malice de ces anarchos-pâtissiers, qui balancent des tartes à la gueule arrogante des pouvoirs, m'inspire une certaine sympathie. Et quand, en plus, la personnalité visée, comme cet hautain ministre des relations intergouvernementales, projette aussi clairement et depuis longtemps une suffisance politique qui n'a d'égale que l'antipathie de rongeur qu'il dégage, je jouis. J'applaudis.

***

La simple réaction de Dion à l'action des entarteurs, le simple fait qu'il ait d'abord pensé être attaqué, que sa peur lui ait dicté de frapper le clown pour ensuite déposer une plainte pour voies de fait contre lui, ne révèlent-ils pas sa vraie nature?

"J'ai vraiment cru que j'étais agressé", a-t-il déclaré. Un peu parano le pépère.

Et pourquoi donc, au moment même où, avec une magnanimité toute calculée, hypocritement, il joue la générosité médiatique en distribuant de la nourriture aux pauvres, pourquoi donc, dis-je, redoute-til être assailli? Aurait-il quelque chose à se reprocher?

Or, dans leur morale réactionnaire, les bien-pensants, avec Dion en tête, tentent de faire passer le geste de ces Robins des Tartes pour des agressions. Et quoi encore?

***

Vivrions-nous dans un monde à ce point paranoïaque, à ce point dépourvu d'humour que nous en sommes réduits à confondre une action issue de la plus pure tradition burlesque avec la violence? Quelle absurde confusion! Ce qui est plus absurde encore, c'est que l'orgueilleux Dion, imperméable à la leçon, pousse le saugrenu jusqu'à porter plainte pour voies de fait. Si je comprends bien, un
politicien qui empoigne un démuni à la gorge devant les caméras ou des étudiants chargés et poivrés par les forces policières parce qu'ils manifestent contre la venue d'un dictateur sont des gestes innofensivements démocratiques.

Dans la même logique, j'imagine que les bombardements de l'OTAN sont aussi pacifiques. Ben voyons!

Il suffit, me semble-t-il, de passer en revue la liste des entartés jusqu'à ce jour, les Johnson, monsieur Bell, Pettigrew, Duchesneau, Landry, Bourque, Doré, Raël et maintenant Dion, pour constater la valeur symbolique de ces entartages; pour réaliser qu'ils visent l'insolence et le mépris des pouvoirs et que, s'ils blessent, c'est parce qu'ils frappent où ça fait mal, c`est à dire au coeur de l'incommensurable vanité des individus qui les représentent.

Dans cet esprit, Dion dans toute sa prétention, ne méritait-il pas cet hommage?

***

Comme le veut l'éthique des entartistes, la crème déposée amoureusement et
sans partisannerie à la figure présomptueuse de l'autorité est tout ce qu'on veut, mais pas une agression. C'est plutôt un acte de rébellion, de contestation, d'irrévérence et de provocation; un acte de révolte également.

C'est surtout un monumental pied de nez. C'est enfin, une action éminemment politique posée en toute conscience par des individus drapés dans leur marginalité.

Et, n'ayant pas voix au chapitre, ils se réfugient derrière le masque du guignol pour rappeler que, de temps en temps, la farce ne se joue pas seulement à nos dépens.

Franco NUOVO

 
 

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