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LES ENTARTISTES

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Archives: Articles de Presse

La Presse 21 Septembre 1998

LA THÉORIE DU GRAIN DE SABLE

Madame Gruda,

Dans votre éditorial du 10 septembre 1998, intitulé "Les tartes", vous avouez votre réel désenchantement face aux "entarteurs", "ces militants anarchos-pâtissiers qui prétendent canaliser la désillusion populaire face aux politiciens et autres grands de ce monde".

Vous dites, entre autres, qu'ils ne sont plus drôles du tout, et que, contrairement au défunt Parti Rhinocéros, les entarteurs n'ont rien à dire. À en juger par le ton de votre texte, ce dernier point vous scandalise totalement.

En politique, l'image c'est très important. La preuve en est que chaque politicien est entouré d'une équipe de spécialistes voués à la bonne présentation du personnage. Cette équipe lui dicte quoi dire à quel moment, quels mots utiliser, quel costume porter, avec qui se faire photographier, quelle attitude adopter, qu'est-ce qu'il doit cacher ou mettre en valeur de sa vie privée, etc. Vous n'êtes pas sans savoir que la politique est avant tout une histoire de stratégie et de marketing. Un politicien, c'est un produit.

Lorsque messieurs Bourque et Duchesneau déambulent dans les rues de Montréal, accompagnés de journalistes et de partisans, tout est calculé dans les moindres détails pour qu'ils aient l'air crédibles, pas stupides.

Ce qui est à mon avis très drôle, pour ne pas dire pertinent, dans le travail de mes sympathiques terroristes dadaïstes, c'est que chacune de leur actions est un grain de sable dans la mécanique bien huilée de ces machines à créer des images publiques. Ça déroute les plans parce que, voyez-vous, personne ne peut avoir l'air convenable avec un pouce de crème dans la face.

Un politicien qui reçoit une tarte au visage en pleine campagne électorale est aussi drôle qu'une mariée qui "s'enfarge" dans sa robe, ou qu'un éminent conférencier qui déboule les marches de son podium. Ce sont des situations tout aussi amusantes qu'inoffensives.

Et pour ce qui est du "scandaleux" fait que les entarteurs n'ont rien à dire, je ne puis que constater qu'ils ont tout de même réussi à déclencher un éditorial dans un journal sérieux. Je m'explique ce curieux phénomène par le fait que, ce jour-là, madame Gruda, c'est vous qui n'aviez rien à dire.

Mais ne vous en faites pas, le ridicule n'a jamais tué personne.


Frédéric GAGNÉ

 
 

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QUE QUI PEUT PUISSE!