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Les
entartistes promettent de frapper encore
Ils étaient une
vingtaine d'amis réunis il y a deux mois autour d'une bière.
Inspirés par les tartes à la crème lancées
par des terroristes pâtissiers belges au visage du milliardaire
Bill Gates, ils ont décidé de fonder les entartistes
du Québec. Dans un chapeau, ils ont déposés
vingt noms de personnages publics et pigé celui de leur première
victime: Jacques Duchesneau.
Jeudi, l'ex-chef de police de la CUM y a goûté:
une tarte au visage, le soir même du lancement de sa campagne
à la mairie de Montréal, en présence de plus
de 2000 personnes à la Gare Windsor. M. Duchesneau a dit
qu'il avait aimé. Les médias aussi, qui ont fait large
place à l'incident.
Hier matin, au lendemain de cette entrée en scène
fort réussie des entartistes du Québec, leur porte-parole,
François Gourd, a fait la tournée des médias,
se lançant même une tarte au visage pour le bénifice
des auditeurs de RDI et des lecteurs de La Presse.
Il a dit des choses comme: "La politique est devenue un cirque,
et dans un cirque, il y a des clowns, et les clowns, c'est nous"
et "La tarte, c'est la population qui la met au monde politique"
ou "Il faut donner une saveur au menu politique".
Lucien Bouchard? Jean Charest? Jean Doré? Il y aura d'autres
victimes, a promis Gourd, un incontournable de l'underground montréalais
qui renoue en quelque sorte avec la politique quelques années
après la mort du Parti Rhinocéros, dont il a été
un des candidats-vedettes. Il fut entre autres à l'époque
l'inventeur du pouding chômeur parlant...
Les entartistes n'écartent en fait qu'une cible pour l'instant:
Pierre Bourque, maire de Montréal. "C'est le seul qui
réussit à s'entarter lui-même, dit Gourd. On
ne s'attaque pas aux cibles faibles."
Attention: nos terroristes pâtissiers n'ont pas l'intention
de blesser qui que ce soit, "sinon dans leur amour-propre",
précise leur porte-parole, en citant le célèbre
entartiste belge Noël Godin, concepteur de l'attentat contre
Bill Gates. Pas question d'assiettes de métal, donc.
Parlez-moi d'amour
Gourd a aussi expliqué que l'entartage est un art qui nécessite
de la stratégie. À la gare Windsor, jeudi soir, cinq
troupiers transportaient des tartes et Gourd devait créer
une diversion. C'est ainsi qu'il s'est planté devant Jacques
Duchesneau pour lui serrer la main.
Gourd avait beau porter son nez rouge de clown, l'ex-policier est
tombé dans le piège en lui tendant la main. "Les
politiciens, machinalement, tu leur tends la main et ils la serrent"
explique Gourd, qui a déjà vérifié sa
théorie en agitant sa main devant Jacques Parizeau, qui suivait
instinctivement le mouvement.
Gourd a alors souhaité à M. Duchesneau la bienvenue
en politique et a crié: "Quatre pattes", un code
convenu avec ses complices. Deux d'entre eux ont tenté d'écraser
leur tarte au visage du candidat à la mairie et un a réussi.
"Là, il est devenu un peu impoli dans le sens qu'il
m'a quitté rapidement sans dire merci pour le déssert,
raconte François Gourd. Par contre, dix de ses grands amis
-ils devaient être des joueurs de football- sont venus autour
de moi. Un m'a dit: monsieur, veuillez me suivre. J'ai dit: monsieur,
je ne suis personne."
Gourd s'est dirigé vers la chorale de l'Accueil Bonneau,
qui chantait à la soirée de M. Duchesneau, et a pris
place au milieu des chanteurs. Pendant une vingtaine de minutes,
il a ajouté sa voix au groupe, pour finalement entonner Parlez-moi
d'amour en faisant des tatas aux agents de sécurité.
Les entartistes du Québec comptent rejoindre l'Internationale
des anarchos-pâtissiers. Ils recevront d'ailleurs le 12 juin
au Lion d'or deux de leurs plus grands inspirateurs, Noël Godin
et le New-Yorkais Pieman, qui a barbouillé l'artiste Andy
Warhol. La soirée sera marquée par un entartement
collectif. Les entartistes permettront aussi bientôt aux internautes
de s'adonner virtuellement au plaisir de l'entartage sur des cibles
connues.
Martin PELCHAT |
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