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LES ENTARTISTES

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Archives: Articles de Presse

Impact Campus 3 Novembre 1998

L'ÈRE DE LA TARTE EST LANCÉE

La tarte à la crème reprend du service dans un contexte contemporain. La plus vieille blague du monde, qui a fait ses preuves au cirque et dans le cinéma muet, revêt désormais une fonction de dénonciation. Les Entartistes, un petit groupe de Montréal, ont officiellement lancé la tarte au Québec en mai 1998. Même s'ils portent le nez de clown, l'habit ne fait pas le moine.

Derrière leur image de bouffon, les Entartistes sont des personnes articulées, réfléchies, lucides et instigatrices d'un mouvement de conscientisation sociale. Impact Campus a rencontré l'un d'eux, Pape Tarte.

À quoi s'attendre lorsqu'on rencontre un clown qui lance des tartes aux figures médiatiques, dans les deux sens du terme? Pape Tarte et ses accolytes mettent le nez de clown ou le costume au complet lors de leurs lancers, mais ce n'est pas complètement une blague que tout cela. La cible et le moment de l'atteindre sont soigneusement choisis pour que le message soit compris. Parfois, la tarte a même une utilité pacifiste prouvée. Par exemple, quand ils ont entarté William Johnson lors du défilé de la St-Jean Baptiste, la tarte a eu pour effet de désamorcer une situation tendue qui, selon Pape Tarte, aurait pu tourner à l'émeûte. En effet, Raymond Villeneuve, du Mouvement de libération nationale du Québec, attendait Johnson quelques rues plus loin. La situation a tourné au ridicule et rien de fâcheux ne s'est finalement produit.

On peut comprendre facilement que la tarte soit un geste initiatique, qu'elle "ouvre une brèche dans un débat politique". Lancer une tarte, c'est manifester son désaccord, son mécontentement, mais dans un contexte humoristique, question de dédramatiser la situation. Les Entartistes ont l'habitude d'écrire un message en arrière de leur assiette à tarte, comme "oui love you" pour William Johnson. Pierre Falardeau leur avait aussi suggéré dans ce cas de mettre une brique dans le fond de la tarte, en blague, bien sûr...

PACIFIQUE

Pape Tarte insiste sur le fait que la tarte se veut un outil non-violent et humoristique pour faire passer un message. "Notre principe est de blesser l'amour-propre, l'orgueil, l'image médiatique, point." D'ailleurs, leur site web explique bien l'éthique de la tarte (www.dsuper.net/~aboyeur/tarte.html). L'attitude bouffonne adoptée leur procure aussi une certaine immunité contre les policiers. "T'as l'énergie du ridicule et les policiers ne sont pas entraînés à ça." Comment en effet frapper un clown qui répète "gloup, gloup", le cri des entarteurs? (Ce cri vient du personnage Georges Le Gloupier, inventé par Noël Godin, le Belge connu pour avoir entarté Bill Gates et "père de la tarte"). Et la personne entartée? Ce n'est pas a son avantage de mal réagir puisque l'événement est habituellement très médiatisé...Et, à part pour l'égo, une tarte, ça ne fait pas mal. "Dans toute l'histoire de la tarte, il n'y a jamais personne qui s'est étouffé, qui est devenu aveugle ou qui a fait une crise de diabète", ajoute-t'il.

CONTACTS

Avec un petit sourire en coin, Pape Tarte avoue que le groupe a des contacts bien placés. C'était nécessaire en effet pour réussir à atteindre Sylvester Stallone lors de l'inauguration du Planet Hollywood de Montréal, où il y avait, selon ses dires, le dispositif de sécurité le plus imposant jamais vu. Cette tarte dénonçait le cinéma de propagande américain montrant un mode de vie violent, macho et capitaliste et, plus précisément, dans le contexte du restaurant, "l'idée de se servie de son image publique d'homme-viande dans des films de viande pour aller vendre de la viande."

Pape Tarte ne désire pas se faire connaître puisque ce qu'il veut "c'est pas une gloire personnelle (...), c'est que les politiciens comprennent qu'on est du peuple, mais qu'on est pas dupe et que la farce, à un moment donné, doit être réciproque, parce que la farce, règle générale, elle est à nos dépens."

CAMPAGNE ÉLECTORALE PROVINCIALE: APPEL À TOUS!

La présence des Entartistes a été très remarquée pendant la course à la mairie de Montréal, avec les entartages de Jacques Duchesneau, Pierre Bourque et, la semaine dernière, en direct à La Fin du Monde est à 7 Heures, celui de Jean Doré. Si on en croit les paroles de Pape Tarte, ce n'était que le réchauffement avant la campagne électorale provinciale. Il espère "une orgie de tartes pour les élections provinciales" et encourage fortement les initiatives personnelles à travers le Québec. Il continue en disant que les Entartistes de Montréal ne sont pas les parrains d'aucun autre groupe d'entarteurs: "On n'a pas de droits d'auteur sur un concept qui ne nous appartient pas. Notre plus grande joie serait d'apprendre demain matin qu'à Rimouski Preston Manning s'est fait entarter et que nous ne somme spas pantoute au courant" appuie-t'il. Mais Pape Tarte souhaite que les autres entarteurs du Québec entrent en contact avec son groupe afin de monter des archives de la tarte et de convoquer tout ce beau monde lors du prochain rassemblement de l'Internationale des Anarchos-Pâtissiers, qui compte des groupes à New York, Bruxelles, Paris, Montréal et bientôt à San Franscisco.

texte: Mélanie ROBITAILLE
entrevue: Bruno PARENT
et M. ROBITAILLE


LE PRÉZ ENTARTÉ

Les collègues du Montréal Campus rapportaient dans leur dernière édition une mésaventure "entartesque" de Nikolas Ducharme, président de la Fédération étudiante universitaire du Québec (FEUQ). Ce dernier a en effet goûté de près la crème de l'humiliation publique le 13 Octobre dernier alors qu'il amorçait un discours devant une cinquantaine d'étudiants.

"C'est déplorable que des étudiants n'emploient pas les mots, mais des gestes terroristes pour s'exprimer" a déclaré au Montréal Campus, en beau pétard, le fougueux président. Pour sa part, le "terroriste" entarteur, Sacha Desautels, membre du comité d'action politique de l'UQAM (CAP), a mentionné très spirituellement que la FEUQ "ne valait pas de la merde" en raison de son incapacité à établir un véritable rapport de force avec le gouvernement.

Même si M. Ducharme ne l'a pas trouvé drôle, nous devons dire que les locaux d'Impact Campus ont résonné des rires des membres du comité de rédaction.

(C.D.)

 
 

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