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LES ENTARTISTES

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Archives: Articles de Presse

Le Devoir 3 Juillet 1998

A la fête, comme à la fête

Je ne comprends pas l'analyse que fait Brian Myles dans Le Devoir du 26 juin. Oui, les personnes qui ont hué M. Johnson manquaient du bel humour des entartistes. Mais... Oui, M. Johnson s'est conduit comme un provocateur - ce qui n'est pas la même chose que de dire qu'il est un provocateur! Et... Oui, les médias ont joué son jeu en lui accordant une publicité qu'ils offrent volontiers et gratuitement aux ennemis de la souveraineté depuis le soir de la grande peur.

S'il est vrai que William Johnson est membre de la famille québécoise, il est non moins vrai qu'il est descendu dans la rue comme on descend dans l'arène et non comme on entre dans la danse. C'est en enfant délinquant ou en parent irresponsable qu'il s'est présenté au défilé de la Saint-Jean. Ça existe des enfants et des parents qui se conduisent comme des ennemis avec les autres membres de leurs familles; qui les traînent de procès en procès; qui les méprisent, les agacent. Ils n'en font pas moins partie de la famille, mais ils rendent toute la famille folle d'impuissance et de rage.

S'il désire être à l'intérieur du cordon de sécurité, - un cordon qui, de mon point de vue, ne devrait pas être agrandi, mais bien rapetissé pour ne plus encercler que les députés - la recette est simple et elle est connue: il doit faire partie de la députation canadienne ou québécoise... donc c'est aux élections fédérales ou provinciales qu'il doit se faire élire et non à Alliance Québec. Il pourrait également faire partie de l'organisation de la fête et se mériter ainsi le droit d'être à l'intérieur du cordon - un privilège que, pour ma part, je trouve dépassé et que j'abolirais.

Mais M. Johnson n'aimerait sans doute pas partager la vedette avec des organisateurs dont il a raison de dire qu'ils ont un projet politique qui ne plaît pas à tous les Québécois et encore moins à tous les Canadians. Tout comme les organisateurs de la fête du Canada, également financée à même les fonds publics, ont un projet politique pour le Québec qui ne fait pas l'unanimité et qui n'est pas toujours proposé avec des méthodes très chevaleresques. Quand les fédéralistes auront corrigé les vices qui entachent leur projet, nous corrigerons les nôtres.

En attendant, à la Saint-Jean, on fête toutes allégeances confondues. Pour ma part, comme je ne suis pas député, je défile en tant que citoyenne. Que William Johnson et tous les membres d'Alliance Québec et des autres associations politiques, économiques, sportives, caritatives et culturelles en fassent autant. Qu'ils ne le fassent pas pour agrandir leur ego et nous gâcher notre plaisir, mais pour s'amuser. A la fête comme à la fête.

Béatrice MARCOTTE

Lettre publiée dans Le Devoir du 3 juillet 1998
 
 

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QUE QUI PEUT PUISSE!