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ARGUMENTATION
PAR MONSIEUR PATRICK ROBERT
ACCUSÉ
Donc, dans la jurisprudence,
on aimerait déposer des copies évidemment. On a
fait une grosse recherche en jurisprudence, ça c'est votre
copie, et votre copie. On a trouvé un article, un article
du Common Law, qui date de 1818 et qui dit :"Deminimis
non couratlex", c'est-à-dire, la loi ne se préoccupe
pas des petites choses. Dans ce sens-là, nous avons plusieurs
exemples de gens qui ont plaidé le de minimis dans des
circonstances où la part de contact physique était
beaucoup plus grande qu'une tarte à la crème et
où ces gens ont été acquittés en démontrant
bel et bien que leur intention, en aucun moment n'était
de blesser l'individu en question. Donc nous avons effectivement
vous allez voir plusieurs cas. Prenons, par exemple, il
y a de la jurisprudence dans le cas d'André Arthur récemment
qui était accusé en diffamation contre un politicien
et le Juge, dans sa sentence, a dit que les politiciens se devaient,
de par leurs fonctions, d'être ouverts à la critique
et dêtre plus tolérants que les autres citoyens
encore vis-à-vis ces critiques.
Donc tous les éléments
qu'on dépose sont des cas en jurisprudence de de minimis
non curat lex, où on considère que ce sont des cas
qui ont été beaucoup plus loin qu'une simple tarte
à la crème au visage et ce sont des gens qui ont
été acquittés.
Dans ce cas-ci nous, on croit,
que, encore une fois, il y a une nuance à apporter entre
le voies de fait traditionnel et l'entartement, d'ailleurs on
pourrait rappeler que même monsieur Lamarre, qui est la
seule personne qui peut nous identifier, parle lui-même
d'entartement, d'entarté, et non pas de coup ou d'agression
comme le faisait Monsieur Dion. Donc on aimerait également
faire la preuve qu'il n'y avait aucune intention malveillante,
parce que dans voies de fait, il y a trois (3) critères
à remplir, c'est-à-dire, intentionnellement,
à ce niveau, nous on ne nie pas que nous avons préparé
l'entartement de Monsieur Dion, c'est de toute évidence
que nous navions pas le consentement de Monsieur Dion. Alors
le point sur lequel nous voudrions jouer c'est sur la force, car
nous n'avons pas utilisé, à notre humble avis, la
force, pour s'approcher de Monsieur Dion ou pour l'entarter, à
aucun moment. Notre intention n'était en aucune façon
d'atteindre à son intégrité physique mais
plutôt de l'entarter afin d'amener une critique à
Monsieur Dion qui était démocratique et pacifique,
dans un esprit de fête, évidemment. Ce qu'on a pu
constater à travers les différents cas de jurisprudence
c'est que justement on comprend qu'il existe une loi pour les
voies de fait, si quelqu'un arrive avec un deux par quatre (2
X 4) pour vous donner un coup dans le visage, ce n'est pas très
agréable et je crois que la loi n'a pas à l'accepter,
par contre l'article de minimis permet justement l'élasticité
au niveau du jugement afin de voir si les gens qui sont les inculpés
ont effectivement eu des intentions agressives ou malveillantes
au moment de poser leur geste. Nous considérons que nous
n'avons eu aucune intention malveillante ou agressive, seulement
de l'entarter. Si vous regardez d'ailleurs la cassette vidéo,
je présume que vous avez une copie de l'entartement, est-ce
que vous avez vu lentartement de Monsieur Dion.
PAR LE JUGE
Jamais.
PAR M. ROBERT
Je présume qu'il est trop tard pour déposer la cassette
vidéo de l'entartement?
PAR LA COUR
Bien il aurait fallu faire ça en preuve, soit par la Poursuite,
soit par la Défense.
PAR M. ROBERT
D'accord, pardonnez notre inexpérience dans le domaine.
Donc l'entartement de Monsieur Dion, comme je le disais
PAR LA COUR
J'aurais pu vous l'offrir, mais je ne savais pas qu'elle existait.
Non, c'est vrai. Vous avez déposé une photographie
de l'entartement, là?
PAR M. ROBERT
Oui, bien la photographie et le geste, c'est seulement, on voit
seulement Monsieur Dion entarté tandis que dans le vidéo
on peut apercevoir dans tout le jeu des mains et dans la façon
que nous nous sommes approchés de Monsieur Dion, qu'il
n'y avait aucune intention malveillante et que nous étions
déguisés avec des nez de clown comme nous le faisons
régulièrement et que nous avions vraiment un esprit
de fête et que même certains témoins, dont
madame Diane David qui devait témoigner aujourd'hui
mais qui n'est pas là, la Couronne l'a désassigée,
disait elle-même dans son témoignage qu'elle avait
cru qu'il y avait un esprit de fête sur place.
PAR LA POURSUITE
Si les accusés demandent une réouverture d'enquête
pour déposer la cassette vidéo, moi je ne m' y objecterai
pas, Monsieur le juge. Je ne pense pas que ce soit problématique,
c'est peut-être juste...
PAR LA COUR
Est-ce qu'elle est disponible cette cassette vidéo?
PAR M. ROBERT
Nous en avons une copie ici.
PAR LA POURSUITE
Moi, je n'en ai pas. Mais s'ils veulent la mettre en preuve il
faudrait peut-être... peut-être juste là, préalablement,
on pourrait ré-ouvrir l'enquête, peut-être
qu'il pourrait nous dire qui a pris ça ...
PAR LA COUR
Alors si la Poursuite n'a pas d'objection à réouvrir
l'enquête, je vous permets de déposer la cassette
vidéo, si c'est votre demande, en Défense, pour
montrer comment ça s'est passé.
PAR LA POURSUITE
Mais, attendez une seconde. Moi, je ne sais pas ce qu'il y a sur
ça, alors avant que ce soit déposé, moi je
veux le regarder avant de consentir.
PAR LA COUR
Je n'ai pas d'objection à ce qu'on procède de cette
façon-là, je vais permettre à la Poursuite
d'en prendre connaissance avant de consentir au dépôt
de cette preuve-là, et bon, ça fera partie de la
preuve. Remarquez bien là, il faut que vous compreniez
que tout élément de preuve fourni par la Défense
ou par la Poursuite peut être en faveur de la Défense
ou de la Poursuite. Ça peut être préjudiciable,
ça peut être favorable à votre Défense
mais c'est vous qui en prenez la décision, si c'est opportun
de produire ce document-là ou cette preuve-là, additionnelle.
PAR M. ROBERT
Peut-être que, pour ne pas allonger la durée du procès
puisqu'il faut retourner en preuve ...
PAR LA COUR
Voulez-vous y réfléchir? De toute façon,
vous savez là, il est midi moins quart (11h45), je ne rendrai
pas jugement après-midi, avec la jurisprudence puis peut-être
la jurisprudence qui va m'être citée par la Poursuite.
PAR M. ROBERT
Mais Votre Seigneurie, on ne veut pas abuser de votre temps, je
crois que nous allons terminer avec la jurisprudence.
PAR LA COUR
Vous n'abusez pas de mon temps, moi la, je suis encore là
pour plusieurs anées. Non, mais cest vrai, je suis
nommé à vie moi, puis pas de problème, à
vie, quand je dis ça, jusquà soixante-dix
(70) ans. Ça fait que
à lâge que
jai, vous ne savez pas lâge que jai mais
vous comprenez que je suis encore là pour un petit bout
de temps. Mais ça ne me dérange pas.
PAR M. ROBERT
Non, on va seulement ... on va vous laisser la jurisprudence qu'on
a réussi à trouver entre vos mains, et on voudrait
également, en dernier point, soumettre à la Cour,
le fait que ni monsieur Foisy ni moi-même n'avons ni d'antécédents
judiciaires ou de dossiers criminels et que nous n'avons jamais
été reconnus coupables de quelqu'offense criminelle
que ce soit. Donc, là-dessus, personnellement, j'ai terminé.
je vous remercie.
PAR LA COUR
On va donner la chance... avez-vous quelque chose à dire
vous, Monsieur?
PAR M. FOISY
Non, ça va aller.
PAR LA COUR
Ça va aller?
PAR M. FOISY
Oui, ça va aller.
PAR LA POURSUITE
Je vais vous demander de plaider à quatorze heures trente
(14h30).
PAR LA COUR
Oui, on va reprendre à quatorze heures trente (14h30),
pour donner la chance à la Poursuite... mais je vous averti,
je ne rendrai pas jugement après-midi là. Je veux
lire ça là, ça doit être intéressant,
alors, puis la jurisprudence. Alors on reprendra vers quatorze
heures... il est juste midi moins dix (11h50), on peut recommencer
un petit peu plus tôt, quatorze heures et quinze (14h15)
ça vous irait, c'est pour le personnel de soutien là,
que ce soit...
PAR LA POURSUITE
Je n'ai pas de problème avec ça.
PAR LA COUR
Alors, quatorze heures et quinze (14h15).
(SUSPENSION DE LA SÉANCE)
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